Introduction  (Culture, Histoire) posté le jeudi 28 septembre 2006 12:45

Pour véritablement comprendre dans quel contexte la culture hip hop est née, il est nécessaire de connaître, dans ses grandes lignes, la situation économique et sociale précaire des classes afro-américaine et latino-américaine de la ville de New York à la fin des années 60 : la grande métropole américaine est au bord d’une banqueroute financière et le restera jusqu’à la fin des années 70, les spéculateurs immobiliers préfèrent raser leurs vieux immeubles des quartiers tels que Harlem, Brooklyn ou encore le Bronx plutôt que les restaurer. Dans les quartiers susmentionnés, c’est l’effervescence : suite à l’assassinat du Dr. Martin Luther King en avril 1968, du démantèlement systématique de l’organisation d’autodétermination des Black Panthers par le FBI et de l’inefficacité, voire même des constantes brutalités, des forces de l’ordre, les émeutes sont fréquentes et la violence est omniprésente dans ces bas-fonds new-yorkais. Dès 1970, chaque pâté de maison de chaque ghetto possède son propre gang qui le protège des dealers et des autres gangs, les ambulances et même la police n’osent quasiment plus s’aventurer dans ces banlieues où règne l’anarchie et où seules ces bandes ultra violentes font la loi. Toutefois, au milieu de ce carrefour de violence, de pauvreté et de drogue, où la survie est un challenge quotidien, d’autres directions se profilent déjà et convergent par l’état d’esprit positif et créatif qu’elles vont nécessiter.
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La musique  (Culture, Histoire) posté le jeudi 28 septembre 2006 12:54


Arrivé de sa Jamaïque natale où il officiait comme disc-jockey à Kingston, Kool Dj Herc s’installe à New York en 1967. Dès 1970, il s’intéresse de plus en plus à cette musique rythmée et socialement consciente qui fait danser les ghettos : le funk. Fort de sa culture musicale et de son opulente discothèque, il est le premier à organiser régulièrement des block parties, soirées de musique improvisées dans une rue ou un vieil immeuble, pour lesquelles sono et éclairage sont branchés sur un lampadaire dont on détourne le courant. Kool Dj Herc voit alors sa popularité grandir, surtout après sa géniale invention : faire durer le break, passage rythmique d’un morceau de musique où tout instrument disparaît au bénéfice du tempo nu, en combinant avec l’aide de deux platines et une table de mixage deux morceaux identiques, obtenant ainsi une partie instrumentale plus longue qu’à l’origine. Cette idée lui permet alors de conduire la foule dansante, friande de ces fameux breaks, dans une transe prolongée. La notoriété du disc-jockey jamaïcain dépasse en 1973 son quartier du West Bronx pour s’étendre vers celui du South Bronx où un jeune membre du gang des Black Spades, Afrika Bambaataa, s’inspirant de Kool Dj Herc, commence lui aussi sa carrière de disc-jockey en disposant platines et enceintes à sa fenêtre afin de faire danser les jeunes de son ghetto nommé Bronx River. Dans une autre partie du Bronx, un troisième nom revient sur toutes les lèvres des amateurs de ce nouveau genre de soirée : Dj Grand Master Flash. Faisant office de pionniers, les trois disc-jockeys multiplient leurs soirées, collaborent et se lancent parfois même des défis en direct. Pour animer leurs fêtes, ils sont souvent accompagnés d’un MC, le maître de cérémonie, dont le rôle est d’exhorter, à l’aide d’un micro, la foule à danser ; de simples expressions d’encouragement telles que « …Yes, yes, y’all … to the beat y’all …» les MC ‘s passent à l’improvisation de textes rimés. De 1973 à 1977, le Bronx puis Harlem, Brooklyn et Queens, sont les théâtres de ces block parties sauvages où de plus en plus de jeunes s’adonnent aux platines et au micro. En 1977-78, les MC’s envahissent progressivement les clubs et discothèques des banlieues puis de Manhattan; c’est ensuite l’explosion commerciale en 1979 avec un des premiers singles de rap enregistré : Rappers’ Delight (de Sugarhill Gang), tube mondial qui précipite alors le rap dans la jungle de l’industrie musicale. Un mode d’expression musical était né! Musique: Sugarhill Gang, Rappers' Delight.
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La danse  (Culture, Histoire) posté le jeudi 28 septembre 2006 12:59

Blog de hiphopsuisse :Culture Hip Hop, La danse
Superstar noire américaine, l’emblématique James Brown sort en 1969 son énième hit intitulé Popcorn puis en 1972 Get on the Good foot; parallèlement, il développe dans ses shows des pas et mouvements de danse originaux qui deviennent très vite populaires dans les ghettos noirs : le Popcorn et le Good foot. Energiques et parfois même acrobatiques, ces danses consistent en un travail très rapide des pieds sur le rythme, le centre de gravité du corps demeurant constamment au raz du sol. Forts de ces nouvelles danses à la mode, des jeunes de quartiers défavorisés, en particulier des adolescents du Bronx, se mettent progressivement à se défier par le biais du Popcorn et du Good foot. Ces mêmes jeunes fréquentent alors les premières block parties et trouvent ainsi un support musical ainsi qu’ une ambiance dans laquelle ils peuvent réaliser leurs défis. En 1974-75, les block parties prolifèrent et deviennent le rendez-vous de tous les danseurs qui, par la force des choses, commencent à affiner leurs pas et à en développer de nouveaux dans le but d’épater la foule dansante. Ces derniers aiment en particulier se produire lors du break (voir ci-dessus) d’un morceau de musique ; pour cette raison, on les nomme alors b-boy (diminutif de break-boy). Au milieu des années 70, le b-boying (ou breakdance) a déjà évolué par rapport aux danses originales et originelles précitées; en effet, celle des b-boys consiste en un travail debout et au sol qui s’inspire, en plus, de danses africaines et sud-américaine, notamment de la capoiera. Les figures acrobatiques, comme on les connaît aujourd’hui, sont encore absentes ; elles apparaîtront uniquement à la fin des années 70, voire même au début des années 80, avec en particulier l’influence du célèbre groupe dont les membres sont à l’origine de plusieurs d’entre elles : le Rock Steady Crew. Un mode d’expression corporel était né!
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Le graffiti  (Culture, Histoire) posté le jeudi 28 septembre 2006 13:02

Blog de hiphopsuisse :Culture Hip Hop, Le graffiti
Importée de Philadelphie en 1967, l’idée d’inscrire son nom suivi du numéro de sa rue sur les murs de leur quartier est reprise par les premiers taggers comme Julio 204, Frank 207 ou encore Taki 183 qui, dès 1969, s’attaquent aux stations et aux intérieurs des rames du métro new-yorkais, moyen de communication idéal pour véhiculer son nom dans toute la ville et l’exposer ainsi aux yeux d’un très large public. En automne 1971, suite à un article paru dans le New York Times du 21 juillet de la même année, présentant Taki 183 comme un jeune original avec un loisir unique et fascinant, les intérieurs des wagons du métro sont saturés de pseudonymes, raison pour laquelle les jeunes émules générés par ce fameux article décident alors de s’emparer de l’extérieur des wagons. Face à cette compétition acharnée et à la masse de signatures qui recouvrent désormais totalement le métro, il devient difficile de ne pas sombrer dans l’anonymat. Certains writers6 se démarquent dès lors en stylisant leur signature et en l’agrandissant pour la mettre en valeur ; c’est ainsi qu’au début del’année 1972 Super Kool 223 réalise la première piece7 de l’Histoire. C’est alors l’apogée de la compétition : tout le monde invente, copie, modifie et agrandit jusqu’à ce qu’un wagon soit entièrement couvert en 1973, année charnière durant laquelle les techniques s’affinent , les styles se précisent et les writers s’affrontent dans une guerre graphique où le vainqueur reçoit de ses pairs le titre éphémère de roi de la ligne. L’ultime étape est atteinte la nuit du 4 juillet 1976, lorsque Caine, Mad 103 et Flame 103 peignent ensemble « The Freedom Train », une composition de 11 wagons intégralement peinte, ce que l’on appelle dans le jargon un whole train. A la fin des années 70 et surtout au début des années 80, la lutte contre ce que les autorités de New York qualifient de nuisance en Technicolor s’intensifie et les médias, aidés de quelques artistes reconnus et issus du « phénomène graffiti » exportent l’idée dans les capitales européennes. Un mode d’expression pictural était né!
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Lien  (Culture, Histoire) posté le jeudi 28 septembre 2006 13:05

Après avoir décrit la naissance et le développement de ces différentes formes d’expression que son le Djing, le rap, le b-boying et le graffiti, il convient d’effectuer un court flash back en 1973 afin de ne pas trahir une partie de l’Histoire : comme déjà mentionné ci-dessus, c’est à cette époque qu’Afrika Bambaataa découvre l’art du Djing et fréquente de moins en moins son gang des Black Spades. Mais de plus, conscient du potentiel de ce nouveau phénomène culturel, il rassemble, dans son entourage, des jeunes dont les moyens d’expression sont ceux évoqués plus haut ; les réunissant sous un dénominateur commun, sous un groupe du nom de the Organisation, il leur indique une alternative, pacifique et créative, à la violence ambiante générée par les gangs. En janvier 1975, le meilleur ami d’Afrika Bambaataa, Soulski, décède à la suite d’une fusillade lors d’une intervention de la police dans une rixe entre les Black Spades et un autre gang. Cet événement marque l’aversion définitive d’Afrika Bambaataa pour les gangs et il quitte les Black Spades. C’est alors qu’il décide, se souvenant d’un film intitulé Shaka Zulu, relatant les luttes héroïques d’une tribu sud-africaine contre les colons anglais, de concrétiser l’idée de the Organisation en la renommant Zulu Nation, organisation désormais structurée basée sur le leitmotiv suivant : transformer l’énergie négative en une énergie positive créative à travers divers modes d’expression artistiques tels la musique, la danse et la peinture. Ainsi, tandis que les jeunes des ghettos ont inventé et développé ses différents modes d’expression, Afrika Bambaataa et la Zulu Nation lui ont donné une unité, une conscience : le Hip Hop était né! texte trouvé sous www.reprezent.ch
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